Cet enfant,
Afamé,
Décharné,
Cet enfant,
Qui est-il?
Cet enfant,
Accroupi sur la terre désolée,
Sa faim, et rien pour l'apaiser,
Sa soif, et rien pour l'étancher,
Sa nudité, et rien pour le couvrir,
Nu-tête,
Pieds nus.
Des jouets, il n'y en a pas,
Ni poupées, ni soldats,
Pas de balançoire pour le bercer,
Pas de berceuse pour l'endormir,
Rien,
Il ne possède rien,
Nul ne s'occupe de lui,
Il n'ait personne pour l'aimer,
Personne au monde.
Et ce pays de la désolation,
Aride et cruel,
Pas un nuage dans le ciel,
Pas une goutte de pluie pour abreuver la terre desséchée,
A des lieues de la ronde, pas un épi de blé,
Pas un brin d'herbe,
Pas un coin d'ombre,
Sur cette terre de la faim,
Dans le désert de la mort.
Cet enfant,
Pourquoi est-il là accoupi?
Depuis combien de temps?
Qu'attend-il?
Que dit-il en se taisant?
"QUEL MONDE ETRANGE!"
Et ce monde, à qui appartient-il?
Il y a sous le même soleil,
Sous les mêmes cieux, des endroits
Ou les fleurs s'épanouissent,
Ou l'herbe est verte et grasse,
Ou les nuages se pressent et crèvent
En averses de vie pour la terre assoiffée,
Il y a des fleuves, des rivières, des ruisseaux.
Des villes animées et joyeuses,
Des chants, des rires, des fêtes,
Sur les marchés, dans les boutiques, dans les echoppes,
Des montagnes de vêtements,
Du grain, du blé, du riz, du pain,
Le tout en abondance,
Il y a de l'argent, il y a de l'or,
Il y a des richesses, il y a des trésors,
Pour un petit nombre d'élus,
Il n'y a qu'à tendre la main,
C'est un rêve flou et lointain,
Loin de ce monde de faim et de souffrance.
"Vivons-nous dans le même univers?"
(...)
Tout ce qui pousse sous le soleil,
Plantes ou fruits,
Tout ce que l'on trouve sur terre,
Vêtements ou fruits,
Tout ce que l'on trouve sur terre,
Vêtements ou abris,
Tous les trésors , toutes les richesses,
Nous appartiennent, à vous , à moi,
A cet enfant.
Cet enfant
, qui est-il?
C'est le nôtre.
C'est le vôtre.
C'est le mien.
Cet enfant
,et tous ceux qui lui ressemblent